EXODE


Ce billet a été refusé sur un site ou j'ai commencé à écrire.  Je ne pouvais pas le garder pour moi tout seul. Voici donc une autre facette du voyage que j'aborde ici.

Au Portugal, la récession frappe dur. Un gouvernement en crise. Je ne vous parlent pas du taux de chômage. Des maisons à vendre partout. On ne peut pas se l’imaginer puisque l’on n’y est pas et que notre condition n’est pas si mal. On a souvent pas le temps de se pencher sur les petits problèmes des autres cultures. On en a déjà plein les bras.

Nous entrons cependant dans une phase de globalisation. Celle-ci est inéluctable. En simple, ça veut dire que les problèmes des autres pays vont finir tôt ou tard par nous toucher. Aujourd’hui je me suis senti touché. Dernièrement, une journaliste Portugaise m’a affirmée que tous les jeunes Portugais de moins de vingt ans s’accrochaient désespérément à leur éducation. Ils savent que sans études, ils sont foutus. Pourtant, un jeune sur cinq quitte le pays pour aller tenter sa chance ailleurs. C’est une hécatombe. Parce que ces jeunes ne reviendront pas et que le taux de natalité en sera également affecté. Ça veut aussi dire perte de l’identité nationale. Le pays n’a plus d’argent et sa plus grande richesse est en train de foutre le camp. Qu’est-ce qui a conduit Le Portugal, l’Espagne, la Grèce à toucher le fond de la sorte? Le crédit…

La première chose que tu apprends sur l’argent de la part de tes parents, c’est qu’il ne pousse pas dans les arbres. J’ai appris à coup de deux par quatre dans la face qu’une carte de crédit c’est un outil qui peut te faire très mal. On apprend aux jeunes à ne pas dépenser plus qu’ils gagnent et on leur montre l’exemple en accumulant des déficits gouvernementaux monstrueux et insurmontables. Bien sûr, un gouvernement n’est pas une entreprise dont chaque citoyen est actionnaire, autrement j’aurais vendu mes actions depuis longtemps! Si nous avions la capacité d’apprendre une leçon, une seule, ce serait de penser à cette génération sacrifiée de jeunes Portuguais qui, par dépit, quitte vers un rêve d'un avenir meilleur pendant que leurs parents, impuissants, maudissent leur gouvernement mou et complaisant.

En me promenant dans les villes de ce beau pays, une étrange impression s’installe. On dirait un pays fantôme. Certains lieux ont l’air si étrangement abandonné. Comme si il y avait eu une grande peste et que la population avait fui. C’est exactement ce qui est en train de se produire. La fuite. L’exode. Je m’inquiète un peu de la décision de nos élus tant au niveau municipal, provincial et même fédéral. Si la crise touche si durement la zone Européenne, c’est que quelqu’un, quelque part, a joué avec le crédit d’une nation et a perdu le contrôle…

Alors la prochaine fois que l’envie vous prend de vous plaindre de la température ou bien du docteur qui n’est pas disponible assez vite ou bien que vos sacs d’épiceries sont bien que trop lourd… Demandez-vous ce que vous pourriez faire pour que votre pays ne devienne pas un jour une terre d’exil…

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